
En bref : Settat est une ville de 150 000 habitants à 60 km au sud de Casablanca sur l'autoroute A3 — une position qui en fait à la fois une ville satellite de la métropole économique du Maroc et la capitale d'une région agricole d'importance nationale. Trois réalités définissent Settat que son image de ville de passage occulte. Première réalité : la plaine du Chaouia dont Settat est la capitale est le premier bassin céréalier du Maroc — des centaines de milliers d'hectares de blé tendre, de blé dur et d'orge cultivés dans une plaine argilleuse profonde et relativement bien arrosée (350–450 mm annuels). Cette agriculture a structuré l'histoire, l'économie et la sociologie de la région depuis le protectorat français qui a transformé le Chaouia en grenier à blé colonial. Deuxième réalité : Settat est un pôle universitaire régional — l'Université Hassan I accueille 40 000 étudiants dans plusieurs facultés (Droit, Sciences, Gestion, Médecine, École Nationale de Commerce et de Gestion). Cette population étudiante crée une demande locative structurelle et une dynamique culturelle que les villes de taille comparable n'ont généralement pas. Troisième réalité : la kasbah de Boulaouane à 70 km à l'ouest — une forteresse alaouite du 18e siècle dominant l'oued Oum Er-Rbia, entourée du vignoble qui produit le célébre vin AOP Boulaouane — est un des sites patrimoniaux les moins connus et les plus impressionnants du Maroc atlantique.
60 km autoroute A3 (45 min)
Distance Casablanca
40 000 étudiants
Université Hassan I
70 km, forteresse alaouite
Kasbah Boulaouane
1er bassin céréalier du Maroc
Chaouia
Settat est une ville que beaucoup de Marocains ont traversée sans s'y arrêter — sur la route Casablanca–Marrakech, elle n'est qu'un panneau autoroutier et un péage. C'est une représentation injuste d'une ville qui combine trois atouts réels : une position géographique exceptionnelle sur le principal axe économique du Maroc, une université régionale qui a changé l'atmosphère de la ville, et une situation dans la plus grande plaine agricole du pays.
Pour la diaspora du Chaouia — les familles originaires de Settat, Berrechid, El Jadida, Benslimane installées en Europe — Settat est souvent la ville du retour, celle où est la maison des parents ou des grands-parents, à 45 minutes de Casablanca et donc du vol retour vers Paris ou Bruxelles.
La fertilité exceptionnelle de la plaine du Chaouia repose sur un type de sol particulier appelé tirs — des argiles noires gonflantes (vertisols dans la nomenclature internationale) formées par l'altération de roches basaltiques en conditions de précipitations alternant avec des périodes sèches. Ces argiles se gonflent à l'humidification (créant des fissures à la dessiccation qui permettent un labourage naturel) et retiennent remarquablement bien les nutriments. Leur couleur noire témoigne d'une teneur élevée en matière organique accumulée depuis des millénaires.
Les sols de tirs du Chaouia sont parmi les plus fertiles d'Afrique du Nord — ils ne nécessitent pas d'amendements importants pour la céréaliculture et répondent bien aux engrais minéraux. Le rendement en blé tendre en année pluvieuse normale (350–450 mm) atteint 2 à 4 tonnes par hectare dans les exploitations mécanisées correctement conduites — des rendements comparables à certaines plaines céréalières françaises en conditions sèches.
Le protectorat français (1912–1956) a transformé le Chaouia en zone de colonisation agricole intensive. Des colons français et espagnols ont reçu des concessions foncières de dizaines à centaines d'hectares dans la plaine, y ont installé des fermes mécanisées, construit des silos, des hangars et des maisons de style provençal. Les vestiges de cette période sont encore visibles dans le paysage rural — des maisons de colons à toits de tuiles rouges abandonnées ou reconverties, des silos en béton des années 1930, des traces de parcellaire (découpage des terres en bandes larges et régulières caractéristique des concessions coloniales).
Après l'indépendance (1956) et surtout après la Marocanisation (1973, qui exige que les entreprises agricoles soient contrôlées à majorité marocaine), les grandes fermes coloniales ont été redistribuées — certaines aux familles paysannes locales, d'autres à des investisseurs marocains proches du pouvoir. Aujourd'hui, la structure foncière du Chaouia est hétérogène : grandes exploitations mécanisées côtoient de petits paysans céréaliculteurs dont les parcelles sont insuffisantes pour vivre de l'agriculture seule.
Fondée en 1997, l'Université Hassan I de Settat s'est développée rapidement — de quelques milliers d'étudiants à ses débuts à 40 000 aujourd'hui, ce qui en fait une des grandes universités régionales du Maroc. Cette croissance a eu des effets transformateurs sur la ville.
Avant l'université, Settat était une ville administrative et agricole — un chef-lieu de province sans particularité culturelle notable. Avec 40 000 étudiants, elle est devenue une ville estudiantine : des quartiers entiers se sont développés autour des campus avec des immeubles de logements étudiants, des restaurants économiques, des cafés, des librairies, des associations culturelles. L'atmosphère du centre-ville a changé — plus jeune, plus animée le soir, avec des événements culturels (concerts, expositions, conférences) que les villes de taille comparable au Maroc n'ont généralement pas.
L'École Nationale de Commerce et de Gestion (ENCG) de Settat est une des mieux cotées du réseau ENCG marocain (qui compte 9 écoles dans différentes villes). Elle forme des managers et des cadres en gestion d'entreprise, finance, marketing et systèmes d'information. Ses diplômés sont recrutés par des entreprises marocaines et des multinationales implantées au Maroc. Le classement annuel des écoles de gestion marocaines la place régulièrement dans les cinq premières du pays.
Cette réputation attire des étudiants de toutes les régions du Maroc — et crée une diaspora d'anciens élèves (alumni) installés dans les grandes villes marocaines et à l'étranger qui maintiennent des liens avec Settat et y investissent parfois.
La kasbah de Boulaouane n'est pas sur la route touristique standard — et c'est précisément ce qui en fait un des sites les plus authentiques du Maroc atlantique. Construite en 1710 par Moulay Ismaïl, elle occupe un promontoire qui domine de 60 à 80 m le méandre de l'oued Oum Er-Rbia en contrebas — une position défensive idéale et un point de vue spectaculaire sur la plaine.
Les remparts de pisé rouge (12 m de hauteur) flanqués de tours rondes sont en bon état de conservation — mieux conservés que de nombreux ksour beaucoup plus visités. La porte principale avec son arc outrepassé encadré d'un décor de stuc sculpté en rinceaux et palmettes est une des plus belles portes de l'architecture alaouite du 18e siècle. À l'intérieur : une mosquée dont le minaret carré subsiste, des ruines de bâtiments résidentiels (appartements du sultan lors de ses séjours), des citernes souterraines pour la réserve d'eau, et un cimetière alaouite.
À 30 km au nord de Settat sur l'autoroute A3, Berrechid est une ville de 100 000 habitants qui forme avec Settat un axe économique complémentaire. La zone industrielle de Berrechid (créée dans les années 1980) accueille des entreprises de textile, d'agroalimentaire, de mécanique et de chimie qui ont bénéficié de la proximité de Casablanca (30 km) et des prix fonciers inférieurs à la métropole.
La croissance de l'emploi industriel à Berrechid a créé une population ouvrière qui se loge en partie à Settat (loyers moins chers qu'à Berrechid) et fait la navette en taxi collectif. Ce flux pendulaire soutient la demande immobilière à Settat et crée une zone d'influence économique continue entre Casablanca, Berrechid et Settat.
La cuisine du Chaouia est une cuisine paysanne berbère et arabe de la plaine — des préparations construites autour du blé, de l'orge, de la viande ovine des parcours et des légumes des jardins irrigués. Elle n'a pas la sophistication de la cuisine de Fès ou de Marrakech, mais elle a une honnêteté et une richesse aromatique issues de produits locaux excellents.
Le rfiss est la préparation emblématique du Chaouia — des galettes de semoule d'orge (trid ou msemen) effilochées et mélangées à du smen (beurre fermenté) fondu et du miel local (thym sauvage), servi avec du lben (lait fermenté). C'est le petit-déjeuner traditionnel des fermes du Chaouia — dense, énergétique, parfumé par le smen. Le méchoui d'agneau chaouia utilise les agneaux des parcours de la plaine — une viande plus légère que l'agneau de montagne, avec moins de gras mais une chair fine et parfumée par le thym et la sauge qui poussent dans les jachères.
Le couscous de blé dur hebdomadaire (vendredi) du Chaouia est plus simple que le couscous marrakchi — moins de légumes, plus de bouillon concentré, viande d'agneau ou de poulet fermier des basses-cours paysannes. La harira locale est épaisse, riche en légumineuses (pois chiches, lentilles), servie avec un filet de jus de citron et des dattes ou des chebakkiya (biscuits au miel).
Depuis Casablanca (60 km, 45 min) : autoroute A3, bus CTM/Supratours fréquents (25–35 MAD, 1h), train ONCF (1h10, 36–55 MAD), grand taxi (20 MAD/pers). Depuis Marrakech (250 km, 2h30) : autoroute A3. Depuis Béni Mellal (200 km, 2h15) : route nationale N9 via Khouribga. La gare ONCF de Settat est centrale et bien desservie.
Hôtels centre-ville (350–700 MAD/nuit) : plusieurs établissements corrects, notamment autour du boulevard Mohammed VI. Appartements meublés (200–400 MAD/nuit) : location courte durée via particuliers, nombreuses offres en ligne (Avito, MubawabMa). Pas de maison d'hôtes caractéristiques — Settat n'est pas une ville touristique au sens traditionnel.
Toute l'année pour les visites familiales et l'investissement. Avril–juin : plaine du Chaouia dans toute sa beauté dorée (blé en cours de maturation), Festival universitaire éventuel. Septembre–octobre : rentrée universitaire, dynamisme de la ville au maximum. Décembre–février : froid (8–16°C), pluies qui verdissent la plaine.
Casablanca (60 km) 45 min en autoroute, aéroport Mohammed V, métropole économique et commerciale. Le hub incontournable de la région.
Kasbah Boulaouane (70 km) Forteresse alaouite 1710, vue sur l'Oum Er-Rbia, vignoble AOP Gris de Boulaouane. Excursion patrimoniale à la demi-journée.
Khouribga (70 km) Capitale mondiale du phosphate (OCP), architecture coloniale minière, musée du phosphate. Excursion industrielle et historique.
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Settat présente un profil d'investissement immobilier atypique dans le paysage marocain — une ville à 45 minutes de Casablanca en autoroute, avec des prix au m² 3 à 4 fois inférieurs à ceux de la métropole. Les prix en 2025–2026 : appartement standard 4 000–6 500 MAD/m² dans les quartiers résidentiels (contre 15 000–25 000 à Casablanca), villa individuelle dans les nouvelles zones résidentielles 800 000–2 000 000 MAD. Le profil d'acheteurs diaspora : familles originaires du Chaouia (provinces de Settat, Berrechid, Benslimane, El Jadida) qui représentent une communauté diaspora conséquente en France, Belgique, Espagne et Italie. Ces familles cherchent une maison 'au pays' accessible depuis Casablanca (aéroport Mohammed V à 100 km de Settat par autoroute), dans une ville qui offre des services corrects (hôpital, université, commerces). La demande locative étudiante (40 000 étudiants Université Hassan I) crée un rendement locatif brut de 7–9% pour un studio ou un 2 pièces bien situé près des campus. Les nouvelles zones résidentielles de Settat (quartier El Amal, quartier Administratif élargi, extension est vers la N9) offrent des immeubles récents avec des prix encore accessibles avant les hausses prévisibles liées au développement économique de la région. Les risques à connaître : le marché est moins liquide que Casablanca (revente plus longue, moins d'acheteurs potentiels), et la ville reste une ville de province dont le dynamisme économique dépend en partie du cycle agricole.
L'Université Hassan I de Settat est fondée en 1997 — une des universités régionales créées dans le cadre de la décentralisation universitaire marocaine des années 1990. Elle accueille aujourd'hui 40 000 étudiants dans plusieurs établissements : la Faculté des Sciences et Techniques (FST), la Faculté des Sciences Économiques, Juridiques et Sociales (FSEJS), l'École Nationale de Commerce et de Gestion (ENCG — considérée comme une des meilleures du Maroc pour les formations en gestion), la Faculté de Médecine et de Pharmacie (ouverte en 2014), l'École Nationale des Sciences Appliquées (ENSA). La réputation nationale de l'ENCG de Settat est réelle dans le monde de l'enseignement de la gestion au Maroc — plusieurs de ses diplômés occupent des postes de direction dans des entreprises marocaines et internationales. La Faculté de Médecine crée une dynamique nouvelle dans la ville — les étudiants en médecine sont parmi les plus solvables et créent une demande de logements et de services de qualité supérieure à la moyenne étudiante. L'université est un moteur économique local : 40 000 étudiants avec un budget mensuel moyen de 2 000–3 500 MAD représentent une injection annuelle de 80 à 140 millions de MAD dans l'économie locale (loyers, restaurants, commerces).
La plaine du Chaouia est la plus grande étendue de terres agricoles fertiles du Maroc — une plaine argileuse profonde (sols de *tirs*, argiles noires gonflantes d'une fertilité exceptionnelle) qui s'étend de Casablanca jusqu'à Settat et au-delà vers Khouribga et Ben Ahmed. Les précipitations (350 à 500 mm annuels selon les zones) sont insuffisantes pour une agriculture irriguée intensive, mais suffisantes pour une céréaliculture pluviale productive. Le Chaouia produit une part importante du blé tendre (utilisé pour le pain) et du blé dur (utilisé pour les semoules et les pâtes) du Maroc, ainsi que de l'orge (fourrage et bière). Les fermes du Chaouia varient du petit exploitation familiale de 5 hectares aux grands domaines agro-industriels de plusieurs centaines d'hectares équipés de silos, de moissonneuses-batteuses modernes et de systèmes d'irrigation d'appoint. La saison des récoltes (mai–juillet) est le moment le plus spectaculaire pour traverser la plaine — des kilomètres de blé doré à perte de vue, des moissonneuses en action, des camions chargés de grain. En dehors de la saison, la plaine labourée est moins saisissante mais les fermes peuvent être visitées en contactant les associations agricoles locales ou en demandant dans les communes rurales. La Chambre d'Agriculture du Chaouia à Settat organise parfois des visites pour les investisseurs diaspora intéressés par l'agrobusiness.
La connectivité est un des points forts de Settat — c'est une des villes marocaines les mieux connectées aux grands axes de communication. L'autoroute A3 (Casablanca–Marrakech) passe par Settat avec un échangeur direct — Casablanca est à 45 minutes en voiture, Marrakech à 2h15. La voie ferrée ONCF relie Settat à Casablanca (4 à 6 trains/jour, 1h10, 36–55 MAD) et à Khouribga (40 min). Les bus CTM desservent Settat depuis Casablanca (fréquents, 25–35 MAD, 1h), Marrakech (2h30, 60–80 MAD), Béni Mellal (2h, 50–70 MAD). Un réseau de grand taxis actif dessert les villes environnantes (Berrechid 30 km, Khouribga 70 km, Ben Ahmed). La proximité de l'aéroport Mohammed V de Casablanca (100 km, 1h10 en voiture ou taxi depuis Settat) rend la ville accessible depuis toute l'Europe sans escale. Pour la diaspora : un vol Paris–Casablanca + taxi ou bus Casablanca–Settat permet d'être à Settat en 5–6 heures de porte à porte.
Khouribga est à 70 km au nord-est de Settat par une route directe. C'est la capitale mondiale du phosphate — la province de Khouribga contient la plus grande réserve de phosphate du monde (70% des réserves mondiales connues selon l'OCP, l'Office Chérifien des Phosphates). L'OCP (entreprise publique marocaine, entre les premières capitalisations boursières africaines) y extrait et traite des millions de tonnes de phosphate annuellement. La ville de Khouribga a été construite autour des mines au début du 20e siècle par les Français — elle a une architecture de ville minière coloniale (cités ouvrières, bâtiments administratifs en pierre de taille) qui est intéressante pour qui s'intéresse à l'urbanisme colonial. Le musée de l'OCP à Khouribga (accessible sur demande) présente l'histoire de l'extraction du phosphate et son importance géopolitique mondiale. L'excursion Settat–Khouribga–Oued Zem (ville de la tribu Chaouia avec un souk intéressant) forme un circuit d'une journée qui donne une image des différentes dimensions de la région : agriculture (Settat), industrie minière (Khouribga), vie rurale et commerciale (Oued Zem).