
En bref : Ouarzazate ('sans bruit' en tachelhit, la langue berbère du Sud) est une ville de 70 000 habitants à 1 151 m d'altitude, posée à la jonction du Haut Atlas et des premières zones présahariennes. Fondée comme poste militaire français en 1928, elle était déjà depuis des siècles le point de passage obligé des caravanes transsahariennes entre l'Afrique subsaharienne et le Maroc. Aujourd'hui, Ouarzazate est connue mondialement pour trois choses : le ksar d'Aït Ben Haddou (UNESCO), les Studios Atlas (les plus grands d'Afrique), et la centrale solaire Noor (la plus puissante du monde à sa mise en service). C'est aussi la meilleure base de départ vers les déserts de l'est et du sud — Merzouga, M'Hamid, gorges du Dadès et du Todgha, vallée du Drâa.
1 151 m
Altitude
30 km
Aït Ben Haddou
580 MW
Centrale Noor
30 ha
Studios Atlas
Il y a un moment précis sur la route depuis Marrakech où tout change. Vous avez passé des heures à monter vers le col du Tichka, entouré de versants verts, de villages en pierre grise, de forêts de cèdres. Puis le col, les premières neiges en hiver. Et en redescendant vers le sud, la végétation disparaît, la pierre vire à l'ocre, les palmiers remplacent les chênes. À Ouarzazate, vous êtes dans un autre monde.
Cette ville de 70 000 habitants à 1 151 mètres est le nœud de tout le sud-est marocain. Elle est à la fois une destination — pour ses kasbahs, ses studios, sa centrale solaire qui a changé l'histoire de l'énergie africaine — et une base vers l'ailleurs : Merzouga à 5h de route, M'Hamid à 4h, les gorges du Dadès à 1h30.
Ce guide vous donne les outils pour faire les deux.
Avant d'être française (1928), avant d'être marocaine (1956), avant d'être cinématographique (1962), Ouarzazate était un nœud caravanier. La vallée du Drâa, qui descend vers le sud depuis la ville jusqu'à M'Hamid, était pendant des siècles l'une des principales artères du commerce transsaharien — l'or du Soudan, le sel de Taghaza, l'ivoire et les épices de l'Afrique de l'Ouest montaient vers le nord ; les tissus de laine, le cuivre et les chevaux de guerre descendaient vers le sud.
Ouarzazate était le dernier point d'eau et de ravitaillement avant la longue traversée des plateaux désertiques vers le Sahara. Les kasbahs qui parsèment encore la vallée du Drâa sur 200 km n'étaient pas des décorations — c'était l'infrastructure d'un commerce continental, chaque ksar assurant protection et approvisionnement aux caravanes en transit.
L'histoire récente d'Ouarzazate est indissociable des Glaoui — une famille berbère du Haut Atlas qui a construit entre le XVIIIe et le XXe siècle un empire commercial et politique extraordinaire, en prenant le contrôle des routes caravanières qui traversaient la région.
Madani El Glaoui et son frère Thami El Glaoui (qui deviendra Pacha de Marrakech sous le protectorat français) ont utilisé leur position géographique stratégique pour s'enrichir considérablement, construire des kasbahs fastueuses et accumuler une puissance politique qui leur permettra de jouer un rôle central — et controversé — dans la politique marocaine jusqu'à l'indépendance (1956). Thami El Glaoui, allié de la France coloniale, est l'un des responsables de l'exil de Mohammed V en 1953 — un rôle qui entache durablement sa mémoire.
La kasbah Taourirt à Ouarzazate est la résidence secondaire des Glaoui — la principale étant celle de Telouet, 100 km au nord sur la route de Marrakech. Elle est aujourd'hui le monument le plus accessible et le mieux restauré de l'héritage Glaoui.
Avant de visiter les kasbahs d'Ouarzazate, comprendre la logique constructive du pisé transforme l'expérience.
Le pisé (tâbia en darija) est de la terre crue — argile locale, sable et paille — compactée par couches dans des coffrages en bois. Pas de cuisson, pas de transport de matériaux : chaque kasbah est littéralement extraite du sol sur lequel elle se dresse. La couleur de la construction reflète exactement la couleur de la terre locale — c'est pourquoi les kasbahs du Drâa sont ocre rougeâtre, celles du Dadès plus orangées, celles de la vallée du Ziz plus beige.
Le pisé a une inertie thermique remarquable : des murs de 60–80 cm d'épaisseur maintiennent l'intérieur à 20°C en été (quand il fait 40°C dehors) et à 15°C en hiver (quand il gèle la nuit). C'est une climatisation passive parfaite — une architecture entièrement adaptée au climat présaharien.
Sa vulnérabilité : l'eau. Chaque pluie intense érode les bases. Sans entretien annuel (rejointement à la boue), une kasbah en pisé disparaît en 50 à 100 ans. Les kasbahs abandonnées que vous verrez dans la vallée — partiellement effondrées, tours penchées, murs fondus — illustrent cette loi implacable.
Le ksar d'Aït Ben Haddou (30 km au nord-ouest d'Ouarzazate) est le site le plus photographié du Maroc — et probablement l'un des dix sites les plus photographiés d'Afrique. Classé au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1987, il est devenu le symbole universel de l'architecture présaharienne en pisé.
Ce que vous voyez depuis la rive opposée de l'oued : six ksour (villages fortifiés) imbriqués sur un éperon rocheux, leurs tours crénelées qui montent en gradins depuis la palmeraie jusqu'au grenier collectif fortifié au sommet. La composition est spectaculaire, la lumière rasante du matin ou du soir la rend inoubliable.
Pour traverser jusqu'au ksar : à pied en saison sèche (l'oued à gué, quelques dizaines de centimètres d'eau), sur le dos d'un âne proposé par les locaux (20–30 MAD) ou par une passerelle temporaire installée en saison humide. L'entrée est gratuite — les artisans et vendeurs à l'intérieur constituent la source de revenus du site.
Ce que vous ne verrez pas dans les photos : sur la rive opposée du ksar se trouve le village moderne d'Aït Ben Haddou, construit dans les années 1970–1980 quand la majorité des habitants ont quitté le ksar historique pour des maisons avec eau courante et électricité. Cette réalité — un ksar vivant à moitié, à moitié musée — fait partie de l'honnêteté historique du lieu.
Pour la photo du coucher de soleil : positionnez-vous sur la rive sud de l'oued (côté parking) en fin d'après-midi (17h–19h selon la saison). La lumière frappe les tours en enfilade, créant des ombres profondes dans les creux et des crêtes orange vif — la photo classique.
La kasbah Taourirt est au cœur d'Ouarzazate, à deux pas du centre-ville. Ancienne résidence secondaire du Pacha Thami El Glaoui, construite et agrandie progressivement du XVIIIe au début du XXe siècle, elle est aujourd'hui partiellement restaurée et ouverte à la visite (entrée 30 MAD, guide 50–80 MAD supplémentaire).
L'architecture intérieure révèle la logique sociale d'une grande demeure berbère de prestige : cours successives (chacune correspondant à un rang social différent des résidents), appartements des épouses et concubines au premier étage, salles de réception aux plafonds en bois de cèdre peint, cuisines et greniers au rez-de-chaussée. La décoration en zellige, stuc sculpté et bois peint est plus sobre que les palais de Fès — mais l'échelle de la kasbah (plusieurs centaines de pièces dans la partie habitée) donne la mesure de la puissance Glaoui.
La partie habitée (environ 20% de la kasbah totale) est adjacente à des ruines non restaurées — vous voyez directement la différence entre le pisé entretenu (dur, net, régulier) et le pisé abandonné (arrondi, érodé, qui retourne à la forme naturelle d'une colline de terre).
Excursion complémentaire : la kasbah de Telouet (100 km, 1h30 depuis Ouarzazate par une route de montagne) est la résidence principale des Glaoui — partiellement en ruine mais d'une grandeur spectaculaire. Ses salles de réception en zellige et stuc sculptés du début du XXe siècle sont parmi les plus belles du Maroc présaharien.
La route des 1000 kasbahs (N10 vers l'est depuis Ouarzazate) est l'un des trajets routiers les plus beaux du Maroc — 150 km jusqu'à Tinghir à travers une succession de ksour, de palmeraies et de paysages Atlas–Sahara en transition.
Les arrêts essentiels : Skoura (30 km, palmeraie dense avec plusieurs kasbahs du XVIIe siècle dont la kasbah Amerhidil, partiellement restaurée et visitable) ; El Kelaa M'Gouna (50 km, capitale de la rose de Damas au Maroc — Festival de la Rose en mai, distillerie coopérative de l'eau de rose, souk aux pétales) ; Boumalne Dadès (60 km, point d'entrée des gorges du Dadès) ; les gorges du Dadès elles-mêmes (25 km depuis Boumalne, route qui s'enfonce entre des falaises de calcaire rouge et des formations géologiques dites "pattes de singe" — Monkey Fingers — des pilliers d'argile érodés en formes organiques).
À 10 km à l'est d'Ouarzazate, le lac de barrage Mansour Eddahbi (construit en 1972) est une étendue d'eau douce de 60 km² en plein paysage désertique — une dissonance visuelle saisissante. Le contraste entre le bleu de l'eau, les berges ocres et les sommets de l'Atlas enneigés en hiver crée des compositions photographiques uniques.
Le lac est une zone ornithologique d'importance : anatidés (canards, oies) en hiver, hérons, cigognes et flamants roses de passage en migration. Des pêcheurs locaux pratiquent la pêche à la perche et à la carpe depuis les rives — on peut louer une barque (80–120 MAD/h) pour une promenade au coucher du soleil.
Lien avec la centrale Noor : c'est l'eau du lac Mansour Eddahbi qui alimente le système de refroidissement de la centrale thermique solaire Noor I et II — un lien hydrologique concret entre ce réservoir et l'infrastructure énergétique.
La région d'Ouarzazate bénéficie d'un rayonnement solaire direct normal (DNI) de 2 500–2 800 kWh/m²/an — l'un des plus élevés de la planète, comparable aux meilleurs sites sahariens d'Algérie et d'Arabie Saoudite. Altitude (1 100–1 200 m), air sec, quasi-absence de nuages, vent faible : les conditions sont idéales pour l'énergie solaire concentrée.
Le Maroc importe 90% de son énergie fossile, ce qui le rend vulnérable aux prix internationaux. La stratégie énergétique nationale lancée en 2009 vise 52% d'énergies renouvelables dans le mix électrique d'ici 2030. Ouarzazate était le site évident pour le projet phare.
Le complexe Noor comprend quatre centrales de technologies différentes, construites en phases de 2016 à 2019.
Noor I (160 MW) utilise la technologie CSP (Concentrating Solar Power) parabolique : des rangées de miroirs en forme de gouttières paraboliques suivent le soleil et concentrent les rayons sur un tube central rempli d'huile synthétique. Cette huile monte à 390°C, chauffe de l'eau pour produire de la vapeur, qui actionne une turbine classique. L'avantage majeur du CSP sur le photovoltaïque classique : le stockage thermique. Noor I stocke l'énergie thermique dans des réservoirs de sels fondus qui maintiennent la production pendant 3 heures après le coucher du soleil.
Noor II (200 MW) est également parabolique mais avec un stockage de 7 heures — permettant une production jusqu'à minuit.
Noor III (150 MW) utilise la technologie tour centrale : 7 400 miroirs (héliostats) à commande individuelle suivent le soleil et concentrent les rayons sur une tour de 250 m de haut. La concentration y est plus intense (facteur 1 000 contre 80 pour le parabolique), permettant des températures de 565°C. Stockage de 7,5 heures. C'est la partie la plus spectaculaire visuellement — la tour brille comme un soleil artificiel pendant les heures de production.
Noor PV I (70 MW) est une centrale photovoltaïque classique, ajoutée pour compléter le mix avec une technologie différente et moins coûteuse.
Puissance totale installée : 580 MW. À sa mise en service complète en 2019, Noor Ouarzazate était la plus grande centrale solaire au monde — depuis dépassée par des installations chinoises et indiennes, mais reste la plus puissante en CSP avec stockage.
La centrale alimente en électricité l'équivalent de 1 million de foyers marocains. Elle emploie directement 800 personnes en opération, avec des milliers d'emplois indirects pendant la construction. Le Maroc exporte une partie de cette électricité verte vers l'Espagne via l'interconnexion sous-marine de Gibraltar — une des premières exportations d'électricité solaire africaine vers l'Europe.
Vue depuis l'extérieur : la route N10 à l'est d'Ouarzazate longe partiellement le site. Les rangées de miroirs paraboliques de Noor I et II sont visibles à plusieurs kilomètres — une nappe argentée qui s'étend sur des dizaines de km². La tour de Noor III est visible depuis une grande partie de la ville.
Tout commence en 1962 quand David Lean choisit la région pour certaines scènes de Lawrence d'Arabie — une des rares productions de l'époque à avoir les moyens de tourner dans des décors naturels à l'autre bout du monde. La lumière exceptionnelle, les paysages polyvalents (désert, kasbahs, Atlas enneigé), et les coûts de production bien inférieurs à l'Europe ou aux États-Unis convainquent rapidement d'autres cinéastes.
Les Studios Atlas sont fondés en 1983 par un entrepreneur marocain, Mohamed Belghmi, sur 30 hectares à 5 km de la ville. Ils disposent aujourd'hui de décors permanents : un village égyptien antique (utilisé notamment pour La Momie, Cléopâtre), une forteresse médiévale (Kingdom of Heaven, Robin des Bois), un village berbère reconstruit, un quartier arabe médiéval. Ces décors sont construits en matériaux durables (béton peint) plutôt qu'en carton-pâte — certains ont été utilisés dans des dizaines de productions différentes.
Les Studios CLA (23 ha, fondés 1986) ont accueilli d'autres grandes productions. La région d'Ouarzazate a servi de décor à plus de 200 films et séries depuis 1962.
Lawrence d'Arabie (1962, David Lean) — les scènes de désert arabe, tournées dans les dunes de la région. Kundun (1997, Martin Scorsese) — le Tibet en pisé marocain. La Momie (1999, Stephen Sommers) — Thèbes et Hamunaptra construits aux Studios Atlas. Gladiator (2000, Ridley Scott) — Ouarzazate et Aït Ben Haddou pour les scènes de Zucchabar. Kingdom of Heaven (2005, Ridley Scott) — Jérusalem médiévale reconstituée. Prince of Persia (2010) — la Perse antique en Atlas. Game of Thrones (saisons 3 à 6) — Yunkai, Astapor et Meereen tournées à Aït Ben Haddou et aux Studios Atlas.
Visite des Studios Atlas (entrée 100 MAD) : circuit guidé de 1h30 à travers les décors permanents et les archives photographiques. Les guides locaux sont souvent d'anciens figurants qui ont participé aux tournages — leurs anecdotes valent souvent plus que les informations officielles.
Musée du Cinéma (dans une ancienne kasbah adjacente) : costumes originaux (dont l'armure de Gladiator), maquettes de décors, photographies de tournage, matériel technique des années 1960–2000.
La cuisine d'Ouarzazate est celle du carrefour — berbère du Haut Atlas au nord, saharo-drâoui au sud — avec des influences qui reflètent cette position de jonction.
Le tajine berbère aux pruneaux et amandes est la préparation emblématique de la région : agneau de montagne (races locales Timahdite ou Sardi, plus grasses et parfumées que les races de plaine) cuit en tajine pendant 3h minimum avec des pruneaux d'Oulad Abdellah (variété locale), des amandes torréfiées de la vallée du Dadès, du gingembre et de la cannelle. La sauce doit être sirupeuse et brillante — signe d'une cuisson lente et d'une bonne réduction.
La tafraout est une spécialité berbère du Sud : semoule fine cuite à la vapeur, mélangée au beurre rance (smin) et au miel de thym sauvage de l'Atlas. Consommée au petit-déjeuner ou en collation, elle représente l'essentiel de l'alimentation nomade traditionnelle — riche en calories, légère à transporter.
Les dattes du Drâa : la vallée qui descend vers le sud depuis Ouarzazate est l'une des grandes régions dattières du Maroc. Les variétés locales — Boufeggous (sèche, caramélisée, fibreuse) et Majhoul (grosse, charnue, sucrée) — sont vendues directement depuis les palmeraies à Zagora et M'Hamid. À Ouarzazate, les meilleurs étals sont au marché couvert central le matin.
L'huile d'argan des coopératives : bien que l'argan soit principalement produit dans le Souss (Agadir), certaines coopératives féminines de la région d'Ouarzazate produisent une huile d'argan de qualité. Achetez directement aux coopératives estampillées (label COPAG ou IGP) — l'huile vendue dans les souks touristiques est souvent coupée avec d'autres huiles.
Via Tizi n'Tichka (depuis Marrakech, 200 km, 3h30–4h) : la route la plus spectaculaire, franchissant le Haut Atlas au col de Tichka (2 260 m). Route asphaltée en bon état, ouverte toute l'année sauf fermeture exceptionnelle par neige en décembre–janvier (vérifier avant de partir). Détour de 20 km pour la kasbah de Telouet sur la route.
Via Aït Benhaddou : en descendant depuis le col, l'embranchement pour Aït Ben Haddou se trouve à Aït Saoun — permet de combiner le col, le ksar UNESCO et l'arrivée à Ouarzazate en un seul trajet.
En avion : aéroport Ouarzazate (OZZ), vols RAM depuis Casablanca (1h, quotidien) et Paris CDG (3h30, saisonnier). Aéroport très pratique — à 2 km du centre-ville.
En bus : CTM depuis Marrakech (4h, 80 MAD), Agadir (5h30, 100 MAD), Casablanca (8h, 130 MAD). Supratours depuis les mêmes origines.
Mars–avril et octobre–novembre : températures idéales (20–30°C), lumière magnifique, peu de touristes hors saison d'été. Décembre–février : froid (nuits sous 0°C en altitude) mais paysages avec neige sur l'Atlas visibles depuis la ville — spectaculaire. Attention neige possible sur le Tichka. Juin–août : 38–45°C en journée, activités à limiter aux premières heures du matin et en soirée.
Gorges du Todgha (150 km) 2h via Tinghir. Falaises de 300 m, via ferrata, randonnées canyon. Combinaison classique avec Ouarzazate 2 jours.
Merzouga (350 km) 5h. Erg Chebbi, dunes 150 m, bivouac. Meilleure excursion multi-jours depuis Ouarzazate.
Zagora (160 km) 2h30. Palmeraie du Drâa, kasbah Tamnougalt, porte d'entrée vers M'Hamid et l'Erg Chigaga.
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Minimum 2 jours pour voir l'essentiel (Aït Ben Haddou + Kasbah Taourirt + Studios Atlas). 3–4 jours pour ajouter la vallée du Dadès, le lac Mansour Eddahbi et une excursion vers les gorges du Todgha. 5–7 jours si vous intégrez Ouarzazate comme base pour descendre vers Merzouga (350 km, 5h) ou M'Hamid via Zagora (260 km, 4h). Itinéraire optimal 3 jours : Jour 1 — Aït Ben Haddou (matin) + Kasbah Taourirt (après-midi) ; Jour 2 — Studios Atlas + Musée du Cinéma + centrale Noor (visite extérieure) + lac Mansour Eddahbi coucher de soleil ; Jour 3 — Route des 1000 Kasbahs vers Boumalne Dadès (gorges du Dadès), retour pour départ.
Partiellement. Une poignée de familles (5–7 selon les années) maintient une présence dans le ksar historique, principalement pour tenir des boutiques d'artisanat et accueillir les touristes. La grande majorité des habitants originels d'Aït Ben Haddou vivent dans le village moderne sur la rive opposée de l'oued — une agglomération fonctionnelle construite dans les années 1970–1980, invisible depuis les photos classiques du ksar. Ce déplacement est le résultat d'une combinaison de facteurs : fragilité du pisé (qui nécessite un entretien constant), absence d'eau courante et d'électricité dans le ksar historique, et pression touristique. L'UNESCO finance des programmes de restauration du pisé depuis les années 1990. Ce que vous voyez est donc un site partiellement restauré, partiellement habité, dont l'authenticité réside dans l'architecture et l'urbanisme plutôt que dans la vie quotidienne — ce qui n'enlève rien à sa valeur exceptionnelle.
La visite de l'intérieur de la centrale Noor est réservée aux professionnels et chercheurs sur demande formelle auprès de MASEN (Moroccan Agency for Sustainable Energy). En revanche, la centrale est partiellement visible depuis la route N10 à l'est de la ville — les tours de la centrale Noor III (la tour centrale avec son champ de miroirs héliostats) et les rangées de miroirs paraboliques de Noor I sont visibles à quelques kilomètres. Plusieurs opérateurs locaux proposent des excursions combinées lac Mansour Eddahbi + vue sur la centrale depuis les hauteurs environnantes (300–400 MAD). C'est une vue spectaculaire de nuit quand les miroirs réfléchissent le ciel étoilé.
Quatre facteurs ont fait d'Ouarzazate la capitale africaine du cinéma. La lumière : 300 jours de soleil par an, une luminosité exceptionnelle à 1 151 m d'altitude, sans pollution atmosphérique — les colorimétries sont naturellement saturées et les ombres dures, idéales pour les films d'époque et d'aventure. Les paysages de substitution : les plateaux désertiques, les kasbahs et les gorges permettent de simuler à bas coût l'Égypte antique, la Judée romaine, la Perse médiévale ou le Proche-Orient — sans les coûts logistiques et sécuritaires de ces régions. Les infrastructures : les Studios Atlas (30 ha, fondés 1983) et les Studios CLA (23 ha) disposent de décors permanents, d'ateliers de costumes et de figurants locaux expérimentés. La main d'œuvre : le bassin de figurants locaux (tachelhit, arabophones, connaissant les tenues et comportements traditionnels) est inépuisable et peu coûteux. Lawrence d'Arabie (1962, David Lean) a ouvert la voie — depuis, plus de 200 productions ont suivi.
Le pisé (tâbia en darija, adob en tachelhit) est une technique de construction en terre crue compactée : de l'argile locale mélangée à du sable et de la paille (pour éviter les fissures de retrait au séchage) est coulée dans des coffrages en bois et compactée par couches successives de 15–20 cm. Une fois sèche, la paroi est dure, excellente en isolation thermique (fraîche en été, chaude en hiver) et remarquablement résistante en condition sèche. Sa fragilité principale : l'eau. Chaque pluie intense érode la base des murs, et sans entretien annuel (rejointement à la boue, réfection de l'enduit), le pisé se dégrade rapidement. Dans les zones de plus en plus touchées par des pluies irrégulières mais intenses (changement climatique), ce rythme d'entretien devient difficile à maintenir. Les sites UNESCO comme Aït Ben Haddou sont restaurés avec du pisé traditionnel par des artisans formés spécifiquement — mais les kasbahs abandonnées disparaissent en quelques décennies sans entretien.
Il y a deux routes, radicalement différentes. Via Tizi n'Tichka (N9, 200 km, 3h30–4h) : c'est la route classique et la plus spectaculaire — elle franchit le Haut Atlas au col du Tichka (2 260 m), avec des vues sur des sommets enneigés en hiver et des villages accrochés aux falaises. La route est bien entretenue mais sinueuse au-dessus de 1 500 m. En hiver, des chutes de neige peuvent la fermer brièvement (vérifier avant de partir décembre–février). Sur cette route, un détour de 20 km permet de visiter la kasbah de Telouet (ancienne résidence principale des Glaoui, partiellement en ruine mais spectaculaire — entrée 30 MAD). Via Tizi n'Tichka + Aït Ben Haddou : en descendant vers Ouarzazate, un embranchement à Aït Saoun permet d'arriver directement à Aït Ben Haddou avant d'entrer en ville — idéal pour combiner la route et le site UNESCO en un seul trajet.