
En bref : Ben Guerir est une ville de 80 000 habitants dans la province de Rhamna, à 55 km au nord de Marrakech et 100 km à l'est de Safi, dans la plaine des Rhamna. Ville fondée autour de la mine de phosphate de l'OCP dans les années 1960, elle connaît depuis le milieu des années 2010 une transformation profonde : l'OCP y a implanté l'université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) et un projet de Green City — un campus universitaire et une zone résidentielle conçus selon les standards environnementaux les plus exigeants, avec énergies renouvelables, gestion de l'eau en circuit fermé et mobilité douce. Sous les collines ocres de la plaine des Rhamna, le bassin phosphatier du Gantour recèle le deuxième gisement de phosphate du Maroc après Khouribga — des couches de phosphate d'âge Crétacé et Éocène (65 à 40 millions d'années) qui s'étendent sur des milliers de km² et qui seront au cœur de l'économie mondiale des engrais pour les prochaines décennies, le phosphate étant l'élément nutritif des plantes dont aucun substitut industriel n'existe. Ben Guerir est aussi une ville de la plaine agricole des Rhamna — une confédération tribale dont l'histoire de résistance au Protectorat et les pratiques d'élevage ovin sur les parcours semi-arides de la région méritent d'être connues au-delà du campus universitaire qui attire désormais l'attention internationale.
55 km (45 min A7)
Distance Marrakech
2e bassin phosphatier Maroc
OCP Gantour
Campus 4 000 ha, 10 000 étudiants
UM6P
Crétacé–Éocène, 40–65 Ma
Phosphate
La richesse de Ben Guerir est invisible à l'œil nu. Ce que l'on voit depuis la route nationale — une plaine ocre et plate, des collines basses, des infrastructures industrielles, un campus universitaire qui surgit comme un vaisseau spatial dans le paysage semi-aride — ne dit rien de ce qui est dessous : des couches de phosphate qui s'étendent sur des milliers de km², déposées par une mer tropicale il y a 40 à 65 millions d'années, et qui représentent une des ressources stratégiques les plus convoitées du 21e siècle.
Comprendre Ben Guerir, c'est comprendre pourquoi le phosphate est appelé l'or blanc du Maroc — et pourquoi ce minerai, si banal en apparence, est aussi indispensable à la civilisation agricole mondiale que le pétrole à la civilisation industrielle. Sans phosphore dans les engrais, sans engrais dans les champs, la production agricole mondiale s'effondrerait : les sols épuisés ne pourraient plus nourrir 8 milliards d'humains. Et le Maroc détient 70 à 75% des réserves mondiales prouvées de phosphate.
Pour comprendre comment le phosphate se forme, il faut remonter il y a 65 à 40 millions d'années — pendant les périodes géologiques du Crétacé terminal (Maastrichtien) et de l'Éocène (Lutétien principalement) — quand la région qui est aujourd'hui la plaine des Rhamna était recouverte par une mer peu profonde (10 à 100 m de profondeur), chaude et très productive biologiquement.
Cette mer, qui prolongeait la Téthys (l'océan proto-méditerranéen qui séparait l'Eurasie de l'Afrique) vers l'ouest, abritait une biomasse marine exceptionnelle — des milliards d'organismes microscopiques (zooplancton, phytoplancton, bactéries) dont les corps sont enrichis en phosphore puisé dans l'eau de mer. Quand ces organismes mouraient, leurs restes s'accumulaient sur le fond marin dans des conditions particulières de basse oxygénation (qui empêchaient leur dégradation rapide) et formaient des boues organiques phosphatées. Au fil de millions d'années, ces boues ont été compressées, lithifiées et transformées en roche phosphatée (phospharite) — un sédiment contenant typiquement 20 à 35% de P₂O₅ (pentoxyde de phosphore, la mesure commerciale de la teneur en phosphore).
Le bassin du Gantour est l'une des deux grandes accumulations phosphatières du Maroc avec le bassin de Khouribga — il s'étend de la province de Youssoufia à l'ouest jusqu'à la province de Rhamna (Ben Guerir) à l'est, sur une superficie d'environ 4 000 km². L'épaisseur des couches phosphatées utiles varie de 0,5 à 4 m selon les secteurs, à des profondeurs allant de quelques mètres sous la surface (extraction en carrière à ciel ouvert possible) jusqu'à plus de 200 m (extraction souterraine nécessaire). Ben Guerir exploite principalement les niveaux les plus accessibles en carrière ouverte (open pit) — des excavations en gradins qui progressent horizontalement sur des dizaines d'hectares, déblayant la couche de recouvrement stérile avant d'atteindre le phosphate.
Les deux bassins phosphatiers marocains ont des caractéristiques géologiques et chimiques distinctes. Le phosphate de Khouribga est principalement d'âge Éocène (Lutétien, 47–41 Ma) — des couches sédimentaires marines bien stratifiées, en général bien continues latéralement, avec des teneurs en P₂O₅ de 27 à 32%. Le phosphate du Gantour comprend deux niveaux : un niveau Éocène similaire à Khouribga (Yprésien–Lutétien, 55–41 Ma) et un niveau Crétacé terminal (Maastrichtien, 72–66 Ma) plus ancien — des niveaux phosphatés moins continus et plus variables mais dont la teneur en cadmium (Cd) est généralement plus faible.
Le cadmium est un métal lourd toxique naturellement présent à des concentrations variables dans les phosphates selon leur origine et leur âge géologique. Les réglementations européennes (règlement EU 2019/1009 sur les produits fertilisants) imposent des teneurs maximales en cadmium de 60 mg Cd/kg P₂O₅ à terme (avec un abaissement progressif à 40 puis 20 mg/kg), ce qui avantage les phosphates marocains à faible teneur en cadmium (dont certains niveaux du Gantour) par rapport aux phosphates européens de Laponie (teneur en Cd très élevée) sur le marché européen des engrais.
L'extraction du phosphate à Ben Guerir se fait principalement en carrière à ciel ouvert — une méthode adaptée aux gisements peu profonds (moins de 50 m de recouvrement stérile au-dessus des couches utiles). Le processus commence par le décapage de la couche stérile (argilite, calcaire, silex) à l'aide de bulldozers et de draglines, suivi du forage et du minage de la roche phosphatée (des rangées de trous forés à 8–12 m de profondeur sont chargées d'explosifs et sautées pour fragmenter la roche), puis du chargement des blocs fragmentés dans des camions benne de 150 à 300 tonnes et du transport vers les installations de traitement.
Aux installations de traitement de Ben Guerir, le phosphate brut subit un lavage (élimination des argiles et des fines par décantation), un criblage (séparation granulométrique) et éventuellement une flottation (séparation des minéraux phosphatés des minéraux stériles par adhésion à des bulles d'air en présence de réactifs tensioactifs) — des étapes qui concentrent la teneur en P₂O₅ de 22–25% (minerai brut) à 30–35% (phosphate marchand). Ce phosphate concentré est ensuite transporté par slurry pipeline (pipeline de boue phosphatée pompée dans l'eau sur 235 km) jusqu'au port de Safi où il est déshydraté, stocké et chargé sur des vraquiers pour l'exportation.
L'université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) est la pièce maîtresse de la stratégie de diversification et de valorisation de l'OCP à Ben Guerir. Inaugurée en 2017, elle est conçue comme une université de recherche et d'innovation à vocation panafricaine — former des ingénieurs, des chercheurs et des entrepreneurs africains capables de développer les secteurs agricoles, miniers et énergétiques du continent.
Son campus (4 000 hectares, dont 1 500 ha d'espaces verts) est une œuvre d'architecture contemporaine : des bâtiments à toits solaires et façades à brise-soleil sur un plan rayonnant, des résidences étudiantes à ossature bois, une ferme expérimentale de 30 ha en agriculture durable, un parc photovoltaïque de 4 MWc sur le campus, des stations de traitement et de réutilisation des eaux usées qui permettent l'irrigation des espaces verts en circuit fermé. L'ensemble est conçu pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2030, selon les engagements publiés par l'OCP.
Les filières de recherche de l'UM6P sont alignées sur les priorités stratégiques de l'OCP et de l'agriculture africaine : sciences du sol et nutrition des plantes (améliorer l'efficacité des engrais phosphatés pour les sols africains), énergies renouvelables (solaire, éolien, hydrogène vert), intelligence artificielle appliquée à l'agriculture (agriculture de précision, drones de surveillance des cultures, modèles prédictifs de rendement), sciences de l'eau (désalinisation, gestion des aquifères, irrigation de précision). L'UM6P accueille en 2026 environ 10 000 étudiants, dont 40% originaires d'Afrique subsaharienne — une diversité géographique qui reflète l'ambition africaine de l'institution.
L'OCP ne se contente plus d'exporter du phosphate brut — sa stratégie depuis les années 2000 est la transformation locale du minerai en produits à plus haute valeur ajoutée. À Ben Guerir et à Safi, des unités de production d'acide phosphorique (H₃PO₄, obtenu en attaquant le phosphate brut avec de l'acide sulfurique), de DAP (phosphate diammonique, Di-Ammonium Phosphate, 18% N - 46% P₂O₅, un des engrais complexes les plus utilisés dans le monde) et de MAP (phosphate monoammonique, Mono-Ammonium Phosphate) permettent de tripler ou quadrupler la valeur marchande du phosphate par tonne exportée.
L'acide sulfurique nécessaire à la transformation est produit sur place dans des unités de désulfuration qui brûlent du soufre élémentaire importé (principalement des raffineries pétrolières du Golfe et de l'Europe) — une dépendance qui fragilise la compétitivité de l'OCP lors des pics de prix du soufre. Le projet d'ammoniac vert (production de NH₃ par électrolyse de l'eau + azote atmosphérique, sans CO₂, en utilisant l'énergie solaire photovoltaïque abondante à Ben Guerir) vise à remplacer l'ammoniac conventionnel (issu du gaz naturel, avec émissions de CO₂) dans la production de DAP et MAP — une décarbonation de la filière engrais qui serait un avantage concurrentiel majeur sur les marchés européens de plus en plus sensibles à l'empreinte carbone des intrants agricoles.
Les Rhamna (singulier Rhamni, féminin Rhamnia) sont une confédération arabophone dont le territoire historique couvre la plaine qui s'étend entre Marrakech au sud, Safi à l'ouest, Youssoufia au nord-ouest et Ben Guerir au nord — environ 4 000 km² de plaine semi-aride à vocation pastorale et céréalière. Leur histoire sous le Protectorat est une histoire de résistance violente puis de soumission forcée.
En 1912–1913, la confédération Rhamna est une des premières à refuser la présence militaire française dans la région de Marrakech — des affrontements armés avec les colonnes du général Mangin sont documentés dans les archives militaires françaises. La soumission des Rhamna intervient en 1916 après des opérations de pacification incluant le désarmement forcé des tribus, la destruction de plusieurs douars et la confiscation de troupeaux. Cette histoire de résistance — comme celle de nombreuses tribus marocaines — est peu connue à l'échelle nationale, éclipsée par les résistances plus médiatisées des Rifains d'Abdelkrim ou des Berbères du Haut Atlas.
La création de la province de Rhamna en 2009 (découpée depuis la grande province de Marrakech) a donné une reconnaissance administrative à cette entité tribale — une province dont Ben Guerir est le chef-lieu. Ce découpage administratif récent signale aussi l'importance croissante de Ben Guerir comme pôle économique régional, justifiant sa promotion en chef-lieu de province.
La plaine des Rhamna pratique deux types d'agriculture très différents. L'agriculture pluviale (bour) sur les terres non irriguées — principalement du blé tendre et de l'orge en rotation avec des jachères — est soumise à la variabilité pluviométrique inter-annuelle caractéristique du Maroc semi-aride : une bonne année (400–500 mm de pluies) donne 20 à 30 quintaux/ha de blé ; une mauvaise année (moins de 200 mm) peut réduire ce rendement à 3–5 quintaux/ha, voire provoquer l'abandon de la récolte. Cette instabilité est la principale fragilité des agriculteurs familiaux de la province.
L'agriculture irriguée se développe autour des retenues sur l'oued Tessaout (affluent du Tensift) et des puits de captage dans la nappe phréatique locale — oliviers, amandiers, cultures maraîchères de primeurs pour le marché de Marrakech. La proximité de Marrakech (55 km, 45 min sur l'autoroute A7) est un avantage logistique considérable pour les producteurs maraîchers de la province de Rhamna : les camions de tomates, de courgettes et de melons peuvent approvisionner les marchés de Marrakech en 45 minutes de transport.
Le phosphore (P) est l'un des trois macronutriments essentiels à la croissance des plantes (avec l'azote N et le potassium K) — il est indispensable à la photosynthèse (composant de l'ATP, molécule énergétique universelle), à la structure des membranes cellulaires (phospholipides) et à la transmission de l'information génétique (le squelette phosphate de l'ADN et de l'ARN). Sans phosphore accessible dans le sol, aucune plante ne peut se développer.
Contrairement à l'azote (qui peut être fixé biologiquement depuis l'atmosphère par les bactéries symbiotiques des légumineuses ou synthétisé industriellement par le procédé Haber-Bosch) et au potassium (disponible dans plusieurs types de roches potassiques), le phosphore agricole ne peut venir que de deux sources : les roches phosphatées minées industriellement, ou le recyclage des déchets organiques (fumier, compost, boues de stations d'épuration). Le concept de peak phosphorus — l'idée que la production mondiale de phosphate atteindra un maximum puis déclinera inexorablement, comme le peak oil pétrolier — a été popularisé dans les années 2000 et 2010 par des chercheurs et des organisations comme le Global Phosphorus Research Initiative.
Le Maroc, avec 70 à 75% des réserves mondiales prouvées de phosphate (estimation USGS 2024 : 50 milliards de tonnes sur des réserves mondiales de 70 milliards), se trouve dans une position géostratégique sans équivalent — un quasi-monopole sur la ressource agricole la moins substituable de la planète. Cette position explique pourquoi les investissements de l'OCP dans l'innovation (UM6P), dans la transformation locale (engrais complexes) et dans la durabilité (ammoniac vert, phosphore recyclé) sont stratégiquement rationnels : conserver la prééminence mondiale dans un marché dont la demande ne peut que croître avec la population mondiale et l'appauvrissement des sols agricoles.
La présence naturelle de cadmium (Cd) dans les roches phosphatées est un enjeu sanitaire et commercial croissant. Le cadmium est un métal lourd cancérigène qui s'accumule dans les sols agricoles lors de l'application répétée d'engrais phosphatés, puis se transfère dans les cultures (céréales, légumes racines, légumineuses) et entre dans la chaîne alimentaire humaine. L'Union Européenne a adopté des réglementations progressivement plus strictes sur la teneur en Cd des fertilisants mis sur son marché.
Cette réglementation crée une différenciation commerciale significative entre les phosphates selon leur teneur naturelle en cadmium. Les phosphates d'Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie) ont en général des teneurs en Cd modérées (20–60 mg Cd/kg P₂O₅) par rapport aux phosphates d'Afrique du Sud ou de Laponie finlandaise (100–200 mg Cd/kg P₂O₅). Certains niveaux du Gantour marocain ont des teneurs particulièrement basses qui les placent dans la catégorie des phosphates premium pour le marché européen des engrais à faible teneur en cadmium.
La cuisine de la plaine des Rhamna est une table de plaine pastorale — des préparations qui valorisent les ovins et les caprins élevés sur les parcours semi-arides, les céréales du bour et les oliviers des piedmonts. Le méchoui de mouton Rhamna est la préparation de référence — un agneau entier ou un demi-mouton adulte rôti à la broche ou dans un four de terre (kanoun) pendant 4 à 5 heures à feu doux. Les moutons des Rhamna (de race locale adaptée aux parcours secs, plus petits que les races de montagne) ont une chair légèrement fibreuse et d'un arôme terreux prononcé — la signature gustative d'une viande d'animal qui a brouté des plantes aromatiques sauvages de la plaine semi-aride (thym, armoise, romarin des garrigues) pendant toute sa vie. Servi avec du sel de cumin, du pain khobz chaud et du petit-lait (lben) frais, le méchoui Rhamna est un plat d'une extrême sobriété d'ingrédients et d'une profonde richesse gustative.
Le harcha à la graisse de mouton (harcha b-chehm) est le pain du matin dans les familles rurales de la province de Rhamna — une galette épaisse de semoule de blé dur grossière, mélangée à la graisse fondue de mouton et pétrie sans levure, cuite à la poêle sèche sur feu vif. La croûte extérieure est sablée et légèrement croustillante ; la mie intérieure est dense et parfumée de la graisse de mouton. Servie avec du miel de la plaine (lavande et romarin en fleur de novembre à mars) et du beurre clarifié (smen vieilli), elle constitue un petit-déjeuner paysan d'une richesse calorique calibrée pour une journée de travail agricole en plein air.
Accès : autoroute A7 Casablanca–Marrakech, sortie Ben Guerir (km 55 depuis Marrakech, 30 min). Depuis Safi (100 km, 1h15) par la route N1 via Youssoufia. Grand taxi Marrakech–Ben Guerir depuis Bab Doukkala (15 MAD/pers). Train ONCF : gare de Ben Guerir sur la ligne Casa–Marrakech (1h15 depuis Casablanca, 45 min depuis Marrakech, 35 MAD environ).
Visite campus UM6P : sur demande via um6p.ma. Visites de groupe organisées en semaine.
Meilleure période : mars–mai (plaine verte après les pluies d'hiver, 20–28°C) ; octobre–novembre (post-récolte, lumière rasante sur le paysage minier). Été (juin–août) : 40–46°C, à éviter sauf pour le campus climatisé.
Campus UM6P (4 000 ha) Architecture contemporaine, panneaux solaires, ferme expérimentale, 10 000 étudiants africains. L'université du phosphate qui repense l'agriculture africaine.
Carrières open-pit OCP Gradins de 15 m, draglines géantes, convoyeurs à bande vers Safi. Le phosphate crétacé et éocène extrait sous la plaine des Rhamna.
Méchoui Rhamna Mouton de parcours semi-aride, four de terre, 5 heures de cuisson. La chair aromatique des bêtes qui ont brouté le thym et l'armoise sauvage.
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Le campus UM6P (4 000 ha) est partiellement accessible aux visiteurs — des visites guidées sont organisées sur demande via le site web de l'université. Les inscriptions en master et doctorat se font en ligne (um6p.ma) avec des bourses OCP pour les étudiants africains. Environ 10 000 étudiants en 2026, dont 40% internationaux (Afrique subsaharienne principalement).
Le Gantour produit du phosphate d'âge Crétacé (plus ancien, 65 Ma) en plus du phosphate Éocène (40 Ma) qu'on trouve aussi à Khouribga. La teneur en cadmium du Gantour est généralement plus faible — un avantage commercial car les réglementations européennes sur les engrais limitent strictement le cadmium. La géologie du Gantour est aussi plus complexe (plus de variations latérales d'épaisseur des couches).
La Green City est principalement un campus universitaire et de recherche (laboratoires, résidences étudiantes, équipements sportifs) avec des logements réservés aux employés OCP et aux chercheurs. Elle n'est pas ouverte au logement général. La ville de Ben Guerir 'ordinaire' (avec ses quartiers résidentiels anciens, son souk et ses cafés) existe à côté du campus — deux mondes séparés par quelques kilomètres.
Intéressant si on s'intéresse à l'économie du phosphate (le paysage des carrières open-pit et des convoyeurs à bande depuis la route est impressionnant) ou à l'architecture universitaire (le campus UM6P est visuellement remarquable). Le centre-ville de Ben Guerir lui-même est une ville fonctionnelle sans charme particulier — faire l'étape à Khouribga (50 km) si on veut approfondir le sujet phosphate.
Les Rhamna sont une confédération tribale arabophone occupant la plaine entre Marrakech et Safi depuis le Moyen Âge — des éleveurs de moutons et d'ovins sur les parcours semi-arides de la plaine. Leur résistance au Protectorat (1912–1916) a été violente et documentée — des affrontements avec les colonnes françaises pour le contrôle des ressources en eau et des pâturages. Leur nom a été donné à la province créée en 2009.
L'OCP développe à Ben Guerir un projet de production d'ammoniac vert — utilisant l'hydrogène produit par électrolyse de l'eau avec l'électricité solaire photovoltaïque (les installations solaires de la région de Ben Guerir bénéficient de 3 200 heures d'ensoleillement annuel) pour synthétiser de l'ammoniac (NH₃) sans CO₂. Cet ammoniac vert est la matière première des engrais azotés (urée, DAP, MAP) décarbonés — une révolution dans la filière engrais mondiale si le projet est industrialisé à grande échelle.